Présentation
Art subtil de la permutation phonétique, la contrepèterie consiste à intervertir certains sons d'une phrase pour en révéler une autre, généralement leste. Rabelais en truffait déjà Pantagruel, et Le Canard Enchaîné en publie une chaque semaine dans son « Album de la Comtesse ». La contrepèterie cultive un double plaisir : la délectation de l'esprit qui décode, et la connivence muette de ceux qui ont saisi sans rien dire.
Règles
On propose une phrase anodine en apparence. Aux joueurs de trouver quels sons (consonnes le plus souvent, voyelles parfois) doivent être échangés pour produire une phrase nouvelle, généralement gaillarde, qui constitue la chute. Le premier à donner la solution exacte marque un point ; on tourne ensuite, chacun proposant à son tour une contrepèterie de son cru ou trouvée dans un recueil.
Astuces
Lisez la phrase à voix haute en isolant les consonnes initiales des mots-clés : c'est presque toujours là que se joue l'inversion. Les contrepèteries jouent sur le son, pas l'orthographe : « ch » et « j », « k » et « qu », « s » et « ss » sont équivalents. Si une phrase ne donne rien à l'oreille, c'est qu'elle n'en est probablement pas une.